Qu’est-ce qu’un sol forestier ?

Un sol forestier, c’est un ensemble de couches qui se superposent sur ce que l’on appelle une « roche-mère », le terrain géologique. Ces différentes couches varient dans leur épaisseur, leur couleur, leur constitution et révèlent par leur observation et leur analyse, non seulement l’histoire de la constitution du sol mais aussi sa nature, dans le but de déterminer les essences d’arbres les plus adaptés.

La morphologie des sols forestiers

Quand on observe le sol de la forêt, bien sûr il y a l’humus (on s’y intéressera de plus près dans un prochain article). C’est ce qui est le plus rapidement observable. Mais ici, nous voulons décrire ce qu’il y a en-dessous, ce qui constitue à la fois l’ancrage des arbres, mais aussi leur garde-manger et leur réservoir d’eau : le sol, constitué des couches, les « horizons » minéraux situés au-dessus de la roche-mère.

Le sol est donc constitué de plusieurs horizons, composés principalement de trois éléments, un peu comme un gâteau. Pour réaliser un bon gâteau (ou des cookies), on ajoute généralement du beurre, de la farine et du sucre dans des proportions variables selon la consistance, ou plutôt la texture que l’on veut obtenir. Après intégration d’autres éléments comme les œufs, on obtient la structure finale du gâteau. Pour le sol, c’est pareil, on va trouver (par ordre croissant de grosseur des éléments), de l’argile, du limon et du sable, dans des quantités très variables, issus principalement de l’altération de la roche-mère et de la migration de différents éléments.

Autour de ces composants ou entre ceux-ci, l’eau et l’air circulent. Ils peuvent être très meubles ou constitués en agrégats, ce qui crée des interstices, c’est-à-dire des micro ou macropores, où l’eau viendra se loger, qu’elle provienne de l’infiltration dans le sol ou remonte par capillarité des nappes d’eau présentes dans le sol. Cette structure permet aussi l’aération du sol et la prospection des racines des arbres qui viennent y trouver tout ce dont elles ont besoin.

Dans les premières couches de sol, on trouvera aussi de la matière organique incorporée aux horizons minéraux, qui est issue de la transformation de la biomasse venant directement des arbres.

Comment se forment les sols forestiers

Un sol, c’est la rencontre d’un monde minéral, qui est issu de la décomposition de la roche-mère, le matériau parental avec le monde organique, qui provient de la végétation qui s’est progressivement installée sur ce matériau.

Pour synthétiser, le sol résulte de deux principaux facteurs :

  • L’altération de la roche-mère, le matériau parental, sous l’effet du climat, donc des différents phénomènes atmosphériques (précipitations et température), mais aussi par l’action de la végétation, des agents biologiques qui vont altérer plus ou moins rapidement le matériau parental selon leur nature (souvent par l’action des racines) et leur degré d’acidité.
  • Il résulte enfin de l’accumulation et de l’incorporation de la matière organique que nous évoquions plus haut : elle est incorporée dans les strates minérales grâce à l’activité biologique et faunistique du sol. Les feuilles et bois tombés au sol sont décomposés, incorporés et brassés dans les strates minérales par les vers, insectes et champignons, pour libérer les minéraux et oligo-éléments qui viendront enrichir le sol et nourrir les arbres.

Source : AgroParisTech

Ce processus de formation est très lent, il est le résultat de plusieurs centaines ou milliers d’années d’actions combinées, et continue à vivre et à évoluer avec la végétation en place, en particulier les arbres et avec l’influence continue des facteurs climatiques.

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