Le rôle des arbres pour la qualité de l’eau

La question de l’eau est un enjeu de plus en plus sensible, même en France, en particulier avec les problèmes grandissants de la présence de pesticides et des nitrates dans les sols. L’eau que l’on boit fait d’ailleurs souvent l’objet de traitements pour la rendre potable : c’est ce qu’on appelle la méthode curative.

Des solutions préventives existent pourtant, et elles se trouvent en forêt. La forêt joue un rôle capital pour une bonne qualité de l’eau : elle permet de produire de l’eau potable de façon naturelle. Et la gestion forestière peut aussi contribuer à mieux protéger la ressource en eau (ce que nous verrons dans de prochains articles).

Le rôle des arbres pour la rétention des polluants : l'exemple des nitrates

En forêt, les teneurs en nitrates dans les sols sont largement inférieures à d’autres types d’occupation du sol (agriculture, pâtures, prairies temporaires …). Une étude sur des bassins versants lorrains a d’ailleurs montré qu’un taux de boisement de 30 % permettait de respecter les normes de teneurs en nitrates pour l’eau potable1.

La forêt joue en effet un rôle de dilution des teneurs en nitrates que l’on peut trouver dans les sols : la présence même des arbres limite le relargage ou les fuites d’éléments minéraux comme les nitrates, qui suivent un cycle « biogéochimique ». Les éléments minéraux circulent constamment :

  • Prélèvement des minéraux dans le sol par les arbres
  • Redistribution des minéraux pour la croissance des arbres
  • Restitution par la litière et les racines
  • Décomposition de cette matière organique dans les sols forestier
  • … et de nouveau prélèvement par les arbres !

Lorsque la forêt se situe à proximité d’eaux polluées, les racines vont assurer un rôle d’épuration en absorbant les substances polluantes (nitrates, phosphore, pesticides …), dégradés par l’activité biologique du sol forestier, et fixées sur les composants du sol. De plus, les sols forestiers riches en matière organique ont une forte capacité de rétention de l’eau et des éléments polluants. Ils filtrent l’eau avant son écoulement dans les sols et dans les nappes phréatiques.

Les polluants sont ainsi retenus efficacement dans la couche organique supérieure du sol et recyclés en continu par les arbres

Limitation des risques bactériologiques

Après de fortes pluies, l’eau se charge en particules au cours de son transport. Cela peut poser problème pour l’eau potable, car cela augmente la présence d’éléments pathogènes :

  • Les bactéries se fixent sur les particules en suspension
  • Ces mêmes particules perturbent le traitement des eaux (traitement au chlore et ultraviolets)

Sans compter que ces particules risquent à terme de colmater les canalisations ….

En forêt, le couvert forestier protège les sols en interceptant et ralentissant une partie des précipitations, ce qui contribue à éviter ces phénomènes d’eau troublées par des matières en suspension, et limite ainsi les phénomènes que nous avons cités, dont les contaminations bactériennes. Limiter la présence de bactéries en amont permettrait donc d’éviter d’avoir recours au Chlore. 

Au final, on constate que la forêt favorise donc une eau naturellement potable, et ce à un coût très faible.

1. Benoît M., Fizaine G., Bernard P.Y., 2002: Qualité nitrique des eaux en bassins forestiers d’alimentation: fonctionnement stable et effets “post-tempête 26/12/1999”. Dans : Combe J. et Rosselli W. : L’eau qui sort des bois – quand forêt durable rime avec eau potable. Actes de la Journée thématique de l’Antenne romande du WSL. Lausanne, 26.11.2002. Institut fédéral de recherches WSL, Antenne romande, pp. 29–36.

Cet article vous a plu ?

Partager sur linkedin
Share on Linkdin
Partager sur twitter
Share on Twitter
Partager sur email
Email
Partager sur facebook
Share on Facebook

Commenter