2020, année la plus chaude depuis 1900

Les données enregistrées par Météo France

Selon les données de Météo France, l’année 2020 est l’année la plus chaude enregistrée depuis 1900. La température moyenne de l’année atteint les 14°C, alors que la moyenne normale pour la France métropolitaine est d’environ 12,6°C (normales climatiques sur la période 1981-2010), ce qui signifie que le dépassement atteint les +1,5°C pour cette année !

2020 rejoint ainsi le « podium » des deux autres années particulièrement chaudes : 2014 (13,8°C) et 2018 (13,9°C).

Températures moyennes annuelles France

Ce qu'il s'est passé pendant l'année

Les trois premiers trimestres de l’année 2020 ont montré des températures moyennes chaque mois supérieures aux normales de saisons pour les mois considérés (normales calculées sur la période 1981-2010).

Nous l’avons tous ressenti pendant le confinement, le soleil était bien présent et les températures plus élevées que la normale. Ces écarts de températures que nous avons vécus sont très bien illustrés par la carte ci-dessous :

Le mois de février a été particulièrement chaud, se classant au 2ème rang des mois de février les plus élevés en températures depuis le début du XXème siècle.

Le mois de mars a été très doux, tandis que les mois d’avril et d’août se placent eux au 3ème rangs des mois les plus chauds pour ces périodes. En été, deux canicules début août sont venues aggraver les sécheresses, suivies en septembre par un nouvel épisode de vague de chaleur exceptionnelle, dépassant les 30 °C.

A cela s’ajoute le manque d’eau, depuis le début de l’année 2020. L’hiver aura ainsi été marqué dès janvier par de forts déficits de précipitations, ce qui s’est confirmé au cours du printemps en avril, en juillet et en novembre.

Mais les pluies ont été aussi très contrastées, sur la côte Ouest les pluies ont été très fortes, alors qu’elles étaient très déficitaires dans l’Est de la France.

Dans toute la partie Nord-Est de la France, les températures élevées entre le printemps et l’automne, associées à un manque d’eau important, se traduisent en une période de sécheresse. Les sols, qui n’ont pas été réalimentés en eau au printemps, sont ainsi complètement asséchés, ceci sur une longue période.

indicateur humidité sols 2020

Dans certaines régions, principalement dans la moitié Est de la France, les sécheresses se cumulent sur 3 années consécutives, ce qui fragilise considérablement la végétation année après année.

L'impact sur les forêts

Au cœur de nos forêts, le bilan est lui aussi très impressionnant : de nombreux dépérissement sont visibles dans nos forêts, dus aux sécheresses, parfois aggravées par des attaques d’insectes (scolyte en grande partie).

Dans certaines forêts, comme à Compiègne, l’ONF a dû installer des panneaux d’information afin d’expliquer aux promeneurs ces dépérissements dus au changement climatique et au hanneton forestier, un petit coléoptère présent en très grand nombre qui s’attaque principalement au Chêne.

Même des réserves naturelles, comme le site des Beaux Monts en Picardie, patrimoine naturel exceptionnel d’enjeu européen, voit de nombreux Chênes centenaires dépérir. Selon le directeur de l’Agence Picardie, ces dépérissements touchent 80% de la superficie de cette forêt.

La crise des scolytes est quant à elle devenue un enjeu majeur en France, mais aussi dans d’autres pays Européens, comme en Allemagne. Depuis 2018, les Epicéas, principalement dans le quart Nord-Est de la France, sont touchés par cet important stress hydrique fragilisant les arbres, les rendant vulnérables aux scolytes. Ces coléoptères creusent des galeries juste sous l’écorce des arbres, dans les vaisseaux des épicéas, ce qui finit par bloquer la circulation de la sève et entraîne généralement la mort des arbres.

Photos issues de la lettre du Département de Santé des forêts, DGAL/SDQSPV, Juillet 2020.

Au total, de nombreuses essences sont fortement affectées, avec des phénomènes de mortalité qui s’aggravent, même sur des essences supposées résister à des sécheresses estivales, comme le Pin Sylvestre.

Le cumul des stress hydriques sur 2018, 2019 et 2020 affaiblit fortement les arbres, avec parfois un impact visible l’année suivante avec les attaques parasitaires consécutives.

Tous les organismes et les acteurs forestiers sont mobilisés pour suivre ces évolutions. 2021 n’échappera pas à cette vigilance, et il est certain que la situation et l’adaptation des forêts à ces changements devient une urgence pour nos territoires.

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